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Recolonisation du Bénin et suite (Par Roger Gbégnonvi)

febrero 13, 2016

Blaise Pascal l’a dit : tout à fait petit dans l’infiniment grand de l’univers, l’homme est tout de même grand parce qu’il sait qu’il est écrasé et par quoi il est écrasé. Ce savoir lui permet de regarder en face ce qui l’écrase. Que soient donc grands les Béninois, en sachant qu’ils vont être écrasés, par qui et pourquoi ils vont être écrasés. Le savoir pour rester fiers.

D’abord l’ex-Dahomey n’est pas le Vietnam ou l’Algérie, il ne s’est pas décolonisé. Son vainqueur, après avoir perdu toutes les guerres en Europe, venait de s’enfuir devant la fougue indépendantiste du Vietminh et des Fellaghas. Sage ou stratège, de Gaulle mit fin à la série de déroutes françaises en balançant les indépendances sur les pays africains. Mais pour garder dans la soumission les Nègres décrétés indépendants, il prit des précautions, dont le maintien, par exemple, du franc des Colonies Françaises d’Afrique (f. CFA), géréà sa guise par le Trésor français pour le bonheur de l’économie et des budgets de la France. L’Union Européenne n’a adoubé le non-sens du f. CFA, indexé sur l’Euro, que pour permettre à la France de paraître quelque chose en Europe et au sein de l’ONU. Côté économie donc, le pré carré décrété indépendant reste garrotté par le f. CFA derrière des accords scélérats de coopération. Côté histoire, Béhanzin a été vaincu par un vaincu, qui ‘‘s’y colle’’ avec hargne.

Ensuite, en ce début du troisième millénaire, la situation économique et sociale de la France n’est pas brillante. Ses extrêmes politiques de droite et de gauche ruent dans les brancards. Pour éviter la dérive, elle doit se coller davantage à son (ex-) empire colonial, ce à quoi l’aident les enragés de l’horreur dans des pays francophones restés tous canards boiteux du fait des indépendances allouées et non arrachées. L’aide apportée par la France à tel pays pour le sauver de la furie djihado-terroriste coûtera à ce pays de rester sous la botte politique et économique de la France pendant des décennies. Pour remettre sous sa botte d’autres pays du pré carré ‘‘indépendant’’, la France prête ouvertement main forte à leurs dictateurs au petit pied. La France coloniale resserre donc le garrot pour mieux rester collée.

Enfin le cas délicat de l’ex-Dahomey, pays aussi particulier que soft, où les élections présidentielles se concluent dans le camp des perdants par : ‘‘Bof ! Qui va mourir pour celui-là ? Ils sont tous les mêmes. Qu’ils aillent se faire voir et nous collent la paix !’’ Impossible donc pour la France d’envoyer ses soldats séparer des Béninois entrés en guerre fratricide. Par ailleurs, en 25 ans de Renouveau démocratique, une dite classe politique n’a rien entrepris en faveur du niveau de conscience patriotique du peuple, alors qu’il eût suffi, pour cela, d’appliquer à fond les articles 11 et 13 de la Constitution du 11 décembre 1990. Du reste, le peuple s’en balance. Mais pour ce pays particulier, des enragés du gain viennent de concocter une méthode adaptée de recolonisation. La chose épouse les contours d’un cheval de Troie, tout à fait français par ses sabots et ses galopades, et béninois par le nom de l’étalon. Déjà des coursiers stipendiés susurrent aux analphabètes dans les villages : ‘‘Vous voyez, c’est un Blanc. Grâce à lui, les Blancs vont revenir avec leur argent, et le Bénin sera comme avant.’’ Avant ! Comme pendant soixante-six ans de colonisation ? Probablement !

On trafique donc les résultats du scrutin en faveur de leur Blanc, et le Bénin redevient vraie colonie de la France. Attention toutefois à la colère froide de ce peuple fier, colère qui pourrait entraîner une suite rwandaise. Pas le Rwanda fratricide et génocidaire, car le Bénin est particulier et soft, mais le Rwanda qui sauta dans l’anglophonie pour échapper au mépris récurrent de la francophonie des valets de la France. Dans le plus grand marché du Bénin, les commerçantes pratiquent déjà le pidgin anglais pour la bonne marche de leurs affaires. On peut donc envisager une suite rwandaise à la recolonisation du Bénin par la France.

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