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POINT DE PRESSE. Cotonou, le 25 février 2016

marzo 22, 2016

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Mesdames et messieurs les journalistes,

Camarades,

Après le report d’une semaine, la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2016 est ouverte depuis le 19 février 2016. Les raisons avancées pour le report de la date de l’élection, décidée depuis plus de 9 mois auparavant, sont la non disponibilité des nouvelles cartes d’électeur et le retard dans les préparatifs. Il y avait là et tout le monde l’a souligné, la faillite des institutions chargées des élections, notamment le COS-LEPI. Mais, les choses vont-elles mieux depuis lors ? Que nous est-il donné de constater ?

Des rapports de nos militants des diverses organisations composantes de la Convention Patriotique des Forces de Gauche et/ou du Front de Refus du Bénin-Waxala engagés à fond dans la campagne contre le projet funeste de recolonisation de notre pays à travers la candidature de Lionel Zinsou et porté par Boni Yayi, Adrien Houngbédji, Léhady Soglo, etc., on peut retenir les principaux éléments ci-après ;

1- La liste électorale que le Cos-lépi de Ahouanvoébla dit avoir corrigée et transmise à la Céna révèle de nombreuses lacunes. La fiabilité de cette liste est tout aussi douteuse que les précédentes. Des électeurs qui ont signalé des corrections les concernant ont retrouvé, pour ceux-là qui ont pu avoir une nouvelle carte, les mêmes erreurs. Rien n’a changé.

2- A propos de nouvelles cartes d’électeur, toujours l’indisponibilité dans la majorité des départements et la pagaille dans la distribution.

La loi dispose que les cartes d’électeur sont valables pendant dix ans. Celles délivrées en 2015 sont donc valables et point n’était besoin de produire et de distribuer de nouvelles cartes, sauf à ceux qui n’en avaient pas ainsi qu’aux jeunes qui viennent d’avoir 18 ans. La décision de produire de nouvelles cartes d’électeur à tout le monde relève par conséquent du seul arbitraire du Cos-lépi de Ahouanvoébla avec l’appui ou plutôt la complicité du pouvoir de Yayi pour des raisons connues d’eux seuls. Pire, cette décision devrait s’appuyer sur une nouvelle loi. Ce qui n’a pas été le cas. La décision de produire et de distribuer de nouvelles cartes à tout le monde, un an après et pendant que les anciennes sont toujours valables est illégale. Elle relève d’une machination entre le Cos-Lépi et le pouvoir de Boni Yayi. Décision illégale et arbitraire à quelles fins ?

Ensuite, pendant qu’il a été décidé de produire et de distribuer de nouvelles cartes, le CNT, (le Centre national de traitement) organe technique a été dissous en septembre 2015 par le Cos-lépi pendant que le processus de production n’était pas bouclé et pour des raisons tout aussi obscures. A quelles fins ?

La Cour Constitutionnelle par sa décision en date du 11 février 2016 a réhabilité le CNT à qui sont désormais confiées la production et la distribution des cartes.

Au bout du rouleau, malgré toutes les assurances, les nouvelles cartes ne sont pas disponibles et distribuées avant le début de la campagne électorale, comme le prévoit la loi. Les raisons qui ont sous-tendu le report de la date de l’élection au 06 mars sont toujours là : l’indisponibilité des cartes d’électeur. Les rapports de nos militants sur le terrain indiquent que la distribution des cartes n’a pas démarré dans la plupart des départements. Ce fait peut être confirmé par tout observateur honnête. La Plate-Forme électorale des OSC relève : « A quelques 10 jours du scrutin prévu pour le 06 mars prochain, l’impression des cartes n’a pas encore démarré pour les départements du Zou, Mono, Couffo, Plateau, Atacora et Donga » soit 6 département sur douze et dénonce l’opacité dans le processus conduit par le CNT. (Cf La Nouvelle tribune du 24 février 2015)

Par ailleurs, la Cour Constitutionnelle a couvert la faillite et la forfaiture du Cos-lépi en décidant que ceux qui n’auraient pas obtenu les nouvelles cartes avant le jour du scrutin, pourront voter avec les anciennes cartes de 2015 toujours valables. Ainsi, le vote sur la base de deux cartes, de deux listes électorales est validé par la plus haute institution chargée de veiller à la régularité de l’élection. Tout est donc permis !

En ce qui concerne la distribution des nouvelles cartes, elle se fait dans un cafouillage indicible. Elle se fait de façon sélective, par région sans chronogramme prévu et connu des électeurs. Il est par conséquent impossible à un électeur inscrit dans une contrée en dehors de sa résidence de se programmer pour retirer sa carte. Beaucoup de régions attendent jusqu’à ce jour la distribution des cartes. Les régions où la distribution a démarré, c’est la pagaille totale. Les agents distributeurs, sous-payés et recrutés sans aucune garantie, sont laissés à eux-mêmes. Pas de contrat régulièrement signé, pas de rémunérations conséquentes. Les agents distributeurs font grève et sont absents des centres de distribution, et avec en leur possession les cartes d’électeurs. D’ailleurs, rien n’était prévu pour la sécurisation des cartes non retirées pendant la période de distribution. Chaque agent est libre de rentrer chez lui chaque soir avec les lots de cartes. Des cartes peuvent donc se perdre. Au total, à maints endroits où théoriquement la distribution des cartes était censée avoir commencé, les électeurs tournent en rond. Ailleurs, il est permis à des personnes de retirer sans émargement, en plus de leur carte, celles de tous ceux qu’elles déclarent connaître.

3- La désignation des coordonnateurs d’arrondissement fait polémique et les responsables de l’Unamab dénoncent la Céna qui « a écarté, pour des raisons inavouées, certains magistrats-candidats aux fonctions de coordonnateurs d’arrondissement au profit de partisans sans profil requis », ceci en violation flagrante du code électoral.

Au total, liste électorale non fiable, cartes d’électeur non disponibles dans la plupart des départements, distribution dans le plus grand cafouillage et pendant la campagne électorale, possibilité de vote avec deux sortes de cartes, désignation partisane et illégale de coordonnateurs d’arrondissement, des boulevards de fraude sont ouverts par les organes officiels chargés du processus électoral, à savoir le Cos-Lépi, le Cnt, la Céna, la Cour Constitutionnelle.

Observons que tous ces organes sont dominés voire contrôlés par les partisans de la coalition FCBE-PRD-RB. Si l’on ajoute les pressions par l’appareil d’Etat aux mains de Boni Yayi et de son premier ministre candidat, pressions qui se traduisent par des intimidations, les entraves aux libertés de réunion par les préfets, tout est mis en place pour la réédition du hold-up électoral, le fameux KO de 2011.

Et la coalition apatride Yayi-Houngbédji-Léhady autour du colon ne cache pas ses intentions. Ses animateurs répètent à toutes les occasions qu’ils gagneront par KO dès le premier tour.

4- Or, tous les rapports le soulignent, Lionel Zinsou est rejeté par l’immense majorité du peuple qui comprend bien qu’il est le nouveau colonel Dodds, dépêché par la France et imposé par Boni Yayi pour recoloniser notre pays, protéger les arrières du pouvoir à scandales ainsi que le système de corruption et d’impunité en place. Il ne peut passer, même au premier tour, que par la fraude qui s’organise sous nos yeux, à son profit par les organes mêmes chargés du processus électoral.

Ceci vient conforter la position prise par la Convention Patriotique des Forces de Gauche et défendue par le Front de Refus que Rien de bon pour le peuple ne sortira des élections organisées à coup de distribution d’argent et de fraude ; que le salut passe par la tenue des Etats généraux du peuple pour refonder les règles de notre vivre ensemble.

Le danger immédiat de ce système électoral basé sur la corruption et la fraude, c’est la victoire frauduleuse du candidat de la recolonisation, Lionel Zinsou. Ses commanditaires, l’impérialisme français et ses partenaires apatrides nationaux, Boni Yayi, Adrien Houngbédji, Léhady Soglo ont le dos au mur. Ils sont manifestement aux abois et ne reculeront devant aucune fraude, aucun trucage des résultats, aucun forfait pour imposer leur choix. Il est illusoire de faire confiance au Cnt, à la Cena, à la Cour Constitutionnelle, les organes officiels, tous tenus par la coalition FCBE-PRD-RB et auteurs de tous les tripatouillages déjà observés jusqu’à ce jour. Le peuple doit alors rester debout, prêt également à contrer toutes leurs provocations, tous leurs actes de désespoir, toutes leurs aventures insensées.

Le peuple a toute la légitimité, toute la légalité, toutes les forces de son côté. Le pouvoir de Boni Yayi a achevé de ruiner le pays. Les scandales à répétition, les crimes de sang ne peuvent rester impunis. Il doit être mis fin à l’impunité. ICC- services, Cen-sad, Maria gléta, Sodéco, PVI, avions présidentiels, siège de l’Assemblée nationale, PPEA2, concours frauduleux, pillage et bradage des sociétés d’Etat, disparition de Dangnivo, assassinat de dame Sohoudji, etc, tous ces scandales ne peuvent rester impunis sans signifier l’effondrement total de notre pays. Le peuple, se doit dans un sursaut patriotique mettre fin au système d’impunité qui a permis à Boni Yayi de ruiner le pays.

Ne nous faisons pas des illusions. Avec Zinsou, candidat de Boni Yayi, point de possibilité de voir clair dans tous ces dossiers de scandales. Ce sera la poursuite assurée du règne de l’impunité. Leur candidat, le nouveau colon, dans son programme parle, lui aussi, de l’indépendance des institutions face à la présidence de la république. Mais, il faut être naïf pour croire que la limitation du droit de nomination des Responsables de ces institutions par le Président de la République résout la question de leur indépendance face au Chef de l’Etat. Loin s’en faut. Le Président de l’Assemblée nationale n’est pas nommé par le Chef de l’Etat. Et pourtant ! Aujourd’hui même, Houngbédji élu président de l’Assemblée nationale soi-disant contre les FCBE, est avec Yayi. Et au cours de son mandat, le chef de l’Etat cherchera, par l’intermédiaire de ses partisans et avec le chantage financier, à contrôler ses institutions pour l’accomplissement de son programme.

Dans le même temps, Lionel Zinsou parle de « procéder à des appels à candidature pour la cinquantaine de postes stratégiques du pays ». Les appels à candidature et la sélection par des cabinets retenus par le gouvernement et qui détient le pouvoir discrétionnaire de la décision finale, ne résolvent pas le problème de nomination de bons gestionnaires. La lutte contre la corruption ne peut avoir d’efficacité que dans l’extension des pouvoirs des travailleurs et des citoyens à la base. Sans droits de contrôle par les travailleurs et les citoyens de la gestion du bien public, point de possibilité de lutte efficace contre la corruption et la fraude. Pour cette lutte, l’exemple des universités du Bénin avec l’élection des Recteurs et des doyens par les éléments de la communauté universitaire est de loin la meilleure solution qui peut et doit être approfondie par des critères de révocabilité. Ici, le pouvoir discrétionnaire brandi pour placer des copains et des coquins, des compagnons de la mafia n’existe plus. C’est l’un des éléments clé de rupture véritable d’avec le système actuel. Autrement, tant que le pouvoir discrétionnaire de nomination (même après la sélection par des cabinets dits indépendants) restera aux mains du gouvernement, il n’y aura pas de rupture véritable d’avec le système qui a généré les scandales sous Yayi.

Lionel Zinsou nous parle de l’accélération du développement économique dans un pays où 60% des citoyens en âge de travailler ne savent ni lire ni écrire aucune langue. Les déclarations d’un Bénin “village numérique” sonnent bien creux avec trois Béninois sur cinq qui ne peuvent écrire et lire un SMS, un courriel. Il est évident que sans mettre fin à l’analphabétisme, il est impossible de lancer un développement durable. Or, en moins de cinq ans, il est possible d’enrayer l’analphabétisme par l’instruction de ces locuteurs dans leurs langues nationales.

Ces éléments essentiels et fondamentaux pour le développement du pays se heurtent au pacte colonial qui entend maintenir le pays comme fournisseur de matières premières et consommateur de produits extérieurs et qui contrôle le système financier et bancaire, le franc cfa à cet effet. Le peuple a le droit de prendre son destin en main et de rompre avec le système du pacte colonial qui maintient le pays comme fournisseur de matières premières et consommateurs de produits extérieurs. C’est le seul sens véritable de la rupture. Sans industrialisation du pays, sans transformation sur place de nos produits, pas de possibilités de développement durable, pas d’emplois durables pour la jeunesse.

La victoire de Lionel Zinsou, de la recolonisation, consolidera le pacte colonial. Elle consolidera la francophonie, la langue française comme seule langue officielle et s’opposera davantage à l’utilisation de nos langues traditionnelles comme langues d’instruction et d’administration dans leurs terroirs. Le pouvoir discrétionnaire et étranger sera renforcé. Et pire, notre pays sera le canal pour gangréner les institutions africaines, le pont pour l’agression des pays voisins d’Afrique. La dignité du béninois sera ternie.

Tous les patriotes, tout le peuple ont absolument pour devoir de rejeter et de vaincre l’aventure de reconquête coloniale de Lionel Zinsou. Le peuple s’est réveillé. Il est debout. Lionel Zinsou est rejeté. Il ne peut être déclaré gagnant, même pour le second tour que par fraude. Or le Cnt, la Céna, la Cour Constitutionnelle, les organes officiels chargés de la régularité des élections, tous tenus par la coalition FCBE-PRD-RB sont ceux-là même qui organisent le cafouillage et la fraude comme on l’a montré plus haut. Il appartient au peuple souverain de prendre en mains sa destinée et ses responsabilités. Il est le seul capable d’arrêter la machine de fraude.

Le peuple est déjà debout. Il doit donc s’organiser pour renforcer la lutte contre la fraude et les fraudeurs. Il lui faut aller jusqu’au bout. Il lui faut s’organiser partout, monter et renforcer des comités et des brigades anti-fraude dans tous les quartiers, tous les villages et se lever comme un seul homme contre le trucage des résultats, l’imposition par la fraude de Lionel Zinsou. Que chacun soit prêt à se lever contre cet acte d’agression contre notre pays.

La coalition colonialiste Zinsou-Yayi-Houngbédji-Léady Soglo mordra la poussière !

C’est confiant à cette issue que la Convention Patriotique des Forces de gauche appelle le peuple à se lever au combat pour sauver la patrie ! C’est confiant qu’elle appuie l’adresse lancée au peuple par son Président, le 1er secrétaire du Parti Communiste, Philippe Noudjènoumè en date du 23 février 2016.

(Lecture de l’Adresse)

Merci

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